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Le pantalon de randonnée, ce truc auquel personne ne pense (jusqu’au jour où)

3 août 2026

J’ai mis trois semaines à choisir mes chaussures. Trois semaines de tableaux comparatifs, de forums, de vidéos de types qui tapent du talon sur du carrelage pour tester l’amorti. Et le jour du départ, j’ai enfilé un jean.

Néouvielle, fin septembre. L’averse est arrivée vers 11h, comme souvent là-haut, sans prévenir personne. Le denim a bu l’eau pendant vingt minutes puis il a arrêté, parce qu’il était plein. J’ai marché quatre heures avec ce qui devait faire deux kilos de tissu froid collé aux jambes, et j’ai fini avec l’intérieur des cuisses en feu. Le genre de brûlure qui vous fait marcher les jambes écartées pendant deux jours.

Voilà. C’est comme ça que j’ai commencé à m’intéresser aux pantalons.

Le coton, ce faux ami

Le problème du coton n’est pas qu’il absorbe l’eau. C’est qu’il la garde. Une fois mouillé, il colle à la peau et il sèche à peu près à la vitesse d’une serviette de plage oubliée sur une chaise. Vos jambes produisent une bonne partie de la chaleur du corps en marchant ; si elles sont enveloppées dans du tissu humide, cette chaleur part.

En plein été à 400 mètres d’altitude, ça reste anecdotique. Sur une crête ventée à 2 200, ça devient un vrai sujet. J’ai vu un copain claquer des dents en plein mois de juillet à cause d’un legging en coton et d’un orage de trente minutes.

Ce qu’il y a dans les bons pantalons

À peu près tout ce qui se vend de sérieux tourne autour du polyamide ou du polyester, avec une pincée d’élasthanne pour que ça s’étire. C’est moins glamour que la laine mérinos dont tout le monde parle, mais sur un pierrier, la fibre synthétique encaisse le frottement sans broncher et sèche en marchant. Un pantalon trempé peut redevenir portable en une heure s’il y a un peu de vent.

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Après, il y a les subtilités. Le traitement déperlant fait perler les gouttes en surface : très efficace contre la rosée du matin et la petite bruine, complètement dépassé au bout de dix minutes d’orage. Ne comptez pas dessus pour remplacer un surpantalon.

Le softshell, c’est autre chose. Face intérieure grattée, coupe-vent, un peu plus lourd. Je ne sors pas ça avant octobre parce qu’on cuit dedans, mais entre novembre et mars, en raquettes ou sur une arête, ça change la vie.

Les grammages varient énormément d’une marque à l’autre et les fiches produit ne disent pas toujours la même chose. Cimalp, par exemple, développe ses propres tissus et découpe ses gammes par saison, ce qui aide à s’y retrouver ; si vous voulez creuser les grammages et les indices de respirabilité avant de commander, vous trouverez plus de détails sur leurs modèles.

La coupe compte plus que le tissu

Un tissu parfait dans une mauvaise coupe, ça reste un mauvais pantalon. Et c’est là que la plupart des gens se plantent, parce qu’on essaie un pantalon debout, immobile, dans une cabine éclairée au néon.

Le test que je fais toujours : lever le genou à hauteur de hanche, comme pour enjamber un gros rocher. Si l’entrejambe tire ou si la taille descend dans le dos, c’est mort. Le petit losange de tissu à l’entrejambe (on appelle ça une fourche gousset) règle le problème sur les modèles bien conçus.

Regardez aussi la ceinture, et là je vais être catégorique : elle doit être fine et plate. Pourquoi ? Parce que la ceinture ventrale de votre sac vient se poser pile dessus. Une grosse boucle ou un bouton qui dépasse, c’est vingt kilomètres de compression au même endroit. J’ai un pantalon très bien par ailleurs que je ne mets plus qu’en balade sans sac pour cette raison.

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Et si le bas de jambe se resserre par cordon, tant mieux. Moins de cailloux dans la chaussure, moins de tiques qui grimpent, moins de tissu qui claque au vent.

Le zip-off, ce mal-aimé

Bon, le pantalon convertible. Personne n’assume, tout le monde en a un.

Esthétiquement, oui, c’est discutable. Fonctionnellement, c’est imbattable : deux vêtements pour 350 grammes et une seule place dans le sac, sur des journées où on part frais à 6h et où on cuit à 14h. Sur un trek de plusieurs jours ou en voyage, je ne pars plus sans.

Son vrai défaut, ce sont les zips au niveau des cuisses. Selon la hauteur où ils sont posés, ils peuvent frotter sous la ceinture ventrale du sac. Ça se sent au bout de quinze kilomètres, pas au bout de trois, donc impossible à détecter en magasin. C’est le genre de truc qu’on découvre en marchant.

Dernier point, et c’est mon obsession : vérifiez que vous accédez aux poches avec le sac bouclé. Une poche cuisse placée haut sur la jambe vaut dix poches latérales qui se retrouvent coincées sous les sangles. Et zippée, la poche. J’ai perdu un téléphone dans une descente en 2021, je n’ai jamais retrouvé ni le téléphone ni ma dignité.

Deux mots sur l’entretien

Lavage à 30, jamais d’adoucissant. L’adoucissant bouche les pores du tissu et tue la respirabilité, c’est probablement l’erreur la plus répandue avec les vêtements techniques. Quand l’eau ne perle plus, inutile de racheter : un spray réimperméabilisant à 12 euros redonne deux ou trois saisons à un pantalon en bon état.

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On ne parle jamais de son pantalon quand il est bon. C’est un peu le rôle ingrat de cette pièce : elle n’existe que quand elle gratte, quand elle colle, ou quand elle craque au premier pas un peu ambitieux. Mettre 90 ou 120 euros là-dedans, ça pique sur le moment, mais rapporté aux journées de marche que vous allez faire avec, c’est probablement l’euro le mieux dépensé de votre équipement.

Et vous, vous êtes plutôt zip-off assumé ou pantalon léger avec le short dans le sac ? Racontez-nous vos pires galères en commentaire, il doit y avoir de belles histoires !

Maxime Schwarzt

Lucas du BLOg HORS PISTES

Mon dada ? Partir à l’assaut des sentiers, équipés de mes caméras et drones pour immortaliser l’instant et transformer mes escapades en souvenirs numériques.