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40 conseils pour bien préparer sa randonnée de plusieurs jours

2 janvier 2026

Se lancer dans une aventure de plusieurs jours, sac sur le dos, c’est un peu le graal du randonneur. On rêve de grands espaces, de bivouacs sous la voie lactée et de café lyophilisé face au lever du soleil. Mais entre le rêve et la réalité, il y a un monde : celui de l’organisation. Une itinérance ne s’improvise pas. Oublier un détail peut transformer une épopée magnifique en un long chemin de croix. Pour vous aider à voir clair, nous avons décortiqué tout le processus, de l’idée germant dans votre canapé jusqu’au premier pas sur le sentier.

1. Construire un itinéraire en béton armé

Tout commence devant une carte ou un écran. C’est l’étape la plus excitante, celle où l’on se projette. Mais attention à ne pas avoir les yeux plus gros que les mollets.

La saison dicte sa loi

C’est le premier filtre. Un même sentier change radicalement de visage entre juin et octobre. En début de saison, la présence de névés tardifs peut bloquer certains cols au-dessus de 2000 mètres. Se renseigner sur l’enneigement est une obligation vitale. En été, les orages de fin d’après-midi sont fréquents : il faut donc prévoir des étapes qui se terminent tôt. L’automne offre des couleurs sublimes mais les jours raccourcissent, ce qui limite le temps de marche disponible.

Évaluer la difficulté réelle

On ne juge pas une étape aux kilomètres mais au temps d’effort. Il faut absolument maîtriser la notion de dénivelé. Sur un terrain de montagne classique, on compte en moyenne 300 mètres de dénivelé positif par heure pour un randonneur chargé. Si votre groupe est hétérogène, c’est le rythme du marcheur le plus lent qui détermine l’allure générale. Surestimer ses capacités physiques est l’erreur numéro un des débutants. Mieux vaut prévoir des étapes plus courtes et profiter du campement le soir, plutôt que de courir après la montre et finir à la frontale.

La logistique des cartes et du tracé

Le numérique c’est génial, mais ça tombe en panne. Préparez votre tracé sur des applications comme Visorando ou Komoot, mais emportez toujours une version physique. Savoir lire une carte IGN au 1/25000 est une compétence de base. Repérez sur cette carte les échappatoires : si la météo tourne au vinaigre ou si une blessure survient, par où redescendre vers la civilisation au plus vite ? Ces « plans B » doivent être identifiés avant le départ.

2. Le matériel : l’art du compromis entre poids et confort

Votre maison va tenir dans 40 ou 50 litres. Chaque gramme compte, mais pas au détriment de votre sécurité.

Le système des trois couches

Pour les vêtements, oubliez la mode et pensez technique. On applique la règle de l’oignon :

  1. Une première couche respirante (synthétique ou laine mérinos) pour évacuer la transpiration. Surtout pas de coton qui reste froid une fois mouillé.
  2. Une couche thermique (polaire ou petite doudoune) pour garder la chaleur.
  3. Une couche protectrice (veste imperméable et coupe-vent) pour affronter les éléments. Ce système permet de s’adapter à toutes les situations sans multiplier les vêtements.

Le couchage et le portage

Le choix du sac à dos est crucial. Il doit être adapté à votre morphologie. Il faut le régler chargé pour vérifier qu’il ne scie pas les épaules. Le poids doit reposer majoritairement sur les hanches. Pour le couchage, le duvet doit correspondre aux températures minimales attendues (et non aux températures de confort indiquées qui sont parfois optimistes). Si vous bivouaquez, le matelas n’est pas un luxe : c’est lui qui vous isole du froid du sol. Une bonne nuit de récupération est le secret pour enchaîner les jours de marche.

La trousse de secours et la sécurité

Elle doit être compacte mais complète. Au-delà des classiques pansements pour les ampoules (type Compeed), prévoyez de quoi désinfecter, une bande de contention, du paracétamol et une couverture de survie. Si vous partez en autonomie totale, un moyen d’alerte fiable est nécessaire. En montagne, le réseau téléphonique est capricieux. Prévenir un proche de votre itinéraire précis et de vos dates de passage est le minimum syndical.

3. L’alimentation et l’hydratation : gérer son carburant

En randonnée itinérante, votre corps devient une chaudière qu’il faut alimenter en permanence. La panne sèche (hypoglycémie) ou la surchauffe (déshydratation) vous guettent.

L’eau : l’or bleu du randonneur

On ne peut pas toujours porter 3 litres d’eau. Il faut donc repérer les points d’eau potables sur la carte (cimetières, fontaines de village). En pleine nature, les torrents sont tentants mais parfois pollués par les troupeaux en amont. Emporter un filtre à eau ou des pastilles purifiantes permet de se ravitailler n’importe où sans risquer la tourista carabinée qui mettrait fin au séjour. Buvez régulièrement, par petites gorgées, sans attendre la soif.

La nourriture : densité calorique avant tout

Le but est d’avoir un maximum d’énergie pour un minimum de poids. Le midi, privilégiez les aliments denses : fromage à pâte dure, saucisson, fruits secs, noix, barres énergétiques. Le soir, le lyophilisé a fait d’énormes progrès. C’est léger, ça ne prend pas de place et ça réchauffe. Si vous préférez cuisiner, la semoule ou les pâtes à cuisson rapide (type cheveux d’ange) économisent le gaz de votre réchaud. N’oubliez pas le petit plaisir (chocolat, bonbons) pour le moral en cas de coup dur.

4. La préparation physique : forger son corps

On ne se lève pas un matin en décidant de marcher 6 heures par jour avec 12 kilos sur le dos sans préparation.

L’endurance et le renforcement

Il faut habituer son cœur à l’effort long. La marche, le vélo ou la natation sont parfaits pour travailler le fond. Mais le plus important reste le renforcement musculaire spécifique. Le gainage est votre meilleur allié : une ceinture abdominale solide aide à supporter le poids du sac et protège le dos. Les exercices de proprioception (tenir en équilibre sur un pied, utiliser un coussin instable) renforcent les chevilles et évitent les entorses quand la fatigue réduit la vigilance.

Tester son matériel en conditions réelles

Ne partez jamais avec des chaussures de randonnée neuves. C’est la règle d’or. Il faut les « casser » sur plusieurs sorties pour qu’elles se fassent à votre pied. De même, faites une sortie test avec votre sac chargé. Vous réaliserez vite que ce troisième livre ou cette deuxième paire de chaussures de rechange sont superflus. Apprendre à régler son sac à dos avant le départ évite bien des douleurs aux trapèzes.

5. Les derniers préparatifs avant le grand départ

La veille du départ, le stress monte. C’est le moment de tout verrouiller.

  • Vérifiez la météo une dernière fois : la montagne est changeante, un grand soleil prévu il y a trois jours peut se transformer en orage de grêle.
  • Chargez toutes les batteries (téléphone, GPS, frontale) et vérifiez que vous avez les câbles.
  • Téléchargez les cartes pour un usage hors-ligne.
  • Coupez vos ongles de pieds courts (au carré) pour éviter qu’ils ne tapent au fond de la chaussure en descente.
  • Préparez vos papiers (identité, carte vitale, assurance) dans une pochette étanche.
  • Laissez un double de votre itinéraire et de vos clés de voiture à une personne de confiance.

Une fois tout cela validé, il ne vous reste plus qu’une chose à faire : profiter. La préparation est rigoureuse pour que l’aventure soit légère. Bonne route !

Maxime Schwarzt

Lucas du BLOg HORS PISTES

Mon dada ? Partir à l’assaut des sentiers, équipés de mes caméras et drones pour immortaliser l’instant et transformer mes escapades en souvenirs numériques.