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Préparer son premier trek : les erreurs physiques que font la plupart des débutants

17 août 2026

Un trek, c’est enchaîner des journées de marche sur des sentiers accidentés, avec plusieurs centaines de mètres de dénivelé et un sac de 8 à 12 kg sur le dos. L’effort n’a rien à voir avec une balade du dimanche ou 45 minutes sur un vélo elliptique. Chaque pas mobilise des articulations, des muscles stabilisateurs et un système cardiovasculaire qui doivent tenir sur la durée.

La majorité des débutants reproduisent pourtant les mêmes erreurs avant leur départ. Un mauvais timing, un entraînement incomplet ou une progression trop rapide transforment l’aventure en calvaire dès le deuxième jour. Une préparation efficace n’exige pas un niveau d’athlète. Elle demande de la régularité et de la méthode, en reproduisant progressivement les contraintes réelles du terrain.

Erreur n°1 : commencer sa préparation quelques jours avant le départ

Commencer sa préparation seulement une semaine avant le départ laisse peu de temps au corps pour s’adapter, même avec un programme bien construit. L’idéal est donc d’anticiper plusieurs semaines à l’avance, notamment en optant pour une préparation physique avec un coach sportif. Celui-ci peut évaluer le niveau de départ, organiser une progression adaptée au trek et ajuster les séances au fil des progrès, là où une préparation en autonomie demande davantage de connaissances pour trouver le bon rythme. Les muscles, les tendons et le système cardiovasculaire bénéficient ainsi de stimulations répétées sur plusieurs semaines, avec une charge de travail progressivement adaptée.

Pour un profil modérément actif, comptez au minimum 6 à 8 semaines d’entraînement progressif. Les personnes sédentaires, ou celles qui visent un trek engagé (haute montagne, plus de 10 jours), ont tout intérêt à démarrer 3 à 4 mois avant. L’adaptation physiologique suit son propre rythme. Aucun raccourci ne remplace la patience.

Partir sans cette base, c’est s’exposer à des douleurs articulaires dès les premières montées, à des tendinites au genou et, dans le pire des cas, à un abandon prématuré. Le corps envoie des signaux clairs quand il manque de préparation, souvent au moment où faire demi-tour complique sérieusement la logistique.

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Erreur n°2 : travailler uniquement son cardio

Courir trois fois par semaine ou pédaler en salle développe le souffle, mais ne prépare pas les structures musculaires propres au trek. Les quadriceps et ischio-jambiers encaissent l’essentiel de l’effort, en montée comme en descente. Les muscles stabilisateurs des chevilles travaillent sans relâche sur un sentier caillouteux. Le gainage (abdominaux, lombaires) maintient la posture sous le poids du sac, pendant que les épaules et le haut du dos supportent les bretelles pendant des heures.

Négliger ces groupes musculaires, c’est ouvrir la porte aux blessures les plus courantes chez les trekkeurs débutants : entorses de cheville, tendinites rotuliennes, douleurs lombaires. Un renforcement ciblé réduit nettement ces risques.

Quelques exercices concrets à intégrer deux à trois fois par semaine :

  • Squats et fentes avant (quadriceps, fessiers)
  • Montées de marches avec sac à dos (endurance musculaire des jambes)
  • Gainage frontal et latéral, 30 à 60 secondes par série
  • Équilibre sur une jambe, yeux fermés si possible (proprioception des chevilles)
  • Soulevé de terre léger ou superman au sol (renforcement du dos)

Ces mouvements ne demandent ni salle ni matériel coûteux. Vingt minutes suffisent par séance, à condition de rester régulier.

Comment construire une préparation adaptée au trek que l’on va réaliser ?

Aucun programme générique ne convient à tous les treks. Un parcours de 4 jours à 1 500 m d’altitude avec 400 m de dénivelé quotidien impose des exigences radicalement différentes d’un trek de 10 jours à 4 000 m avec 800 m de dénivelé par étape. La préparation doit intégrer plusieurs variables en même temps : le niveau de condition physique de départ, la durée totale du trek, le dénivelé cumulé, l’altitude maximale, le poids du sac prévu et le nombre de semaines disponibles avant le jour J.

VariableImpact sur la préparation
Durée du trekEndurance générale, habituation aux efforts répétés sur plusieurs jours
Dénivelé quotidienRenforcement des jambes, travail cardiovasculaire en côte
Altitude (> 2 500 m)Acclimatation progressive, gestion du souffle en hypoxie
Poids du sacRenforcement du dos, des épaules et du gainage
Niveau initialDurée de préparation nécessaire, intensité de départ

Un coach sportif apporte une vraie valeur dans ce contexte. Il évalue objectivement le point de départ (test d’effort, bilan postural, repérage des faiblesses), puis construit une progression personnalisée semaine après semaine. Chaque exercice cible les contraintes du trek choisi, ce qui évite de perdre du temps sur des séances peu pertinentes.

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Cet accompagnement prend tout son sens pour les débutants complets ou les projets ambitieux, comme la haute altitude ou l’autonomie totale en bivouac. Un regard extérieur repère les déséquilibres musculaires avant qu’ils ne deviennent des blessures sur le terrain.

Erreur n°3 : ne jamais s’entraîner avec du dénivelé et son sac

Marcher deux heures sur du plat, sans charge, ne reproduit quasiment aucune contrainte du trek. En montée, les quadriceps brûlent, le souffle s’emballe et le rythme cardiaque grimpe bien au-delà de ce qu’exige un chemin horizontal. En descente, les genoux absorbent des chocs répétés à chaque pas, les muscles travaillent en freinage (contraction excentrique) et l’équilibre devient un défi permanent.

Ajoutez un sac de 10 kg : la posture change, le centre de gravité recule et la fatigue musculaire s’installe nettement plus vite. Sans entraînement préalable avec cette charge, les épaules, les trapèzes et les lombaires protestent dès la première journée.

La mise en situation progressive fonctionne bien :

  1. Commencer par des sorties vallonnées sans sac (collines, sentiers forestiers)
  2. Ajouter un sac de 5 kg après deux ou trois semaines
  3. Augmenter progressivement la charge jusqu’au poids réel du trek
  4. Intégrer des montées et descentes de plus en plus longues, proches des conditions prévues

Vous habitez en plaine ? Les escaliers d’immeubles, les passerelles urbaines ou un tapis de course incliné permettent de simuler le dénivelé efficacement. Même 15 étages avec un sac lesté, répétés deux fois par semaine, font une vraie différence.

Erreur n°4 : augmenter trop rapidement les distances et négliger la récupération

Vouloir en faire trop, trop vite reste la voie la plus directe vers la blessure. Doubler sa distance de marche d’une semaine à l’autre, ou enchaîner cinq sorties consécutives sans repos, pousse le corps au-delà de sa capacité d’adaptation. Périostite tibiale, tendinite d’Achille, fatigue chronique : ces signaux apparaissent vite quand la charge d’entraînement explose.

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La règle à retenir : ne pas augmenter le volume total (distance, dénivelé, durée) de plus de 10 à 15 % par semaine. Prévoyez un ou deux jours de repos complet entre les séances exigeantes. Le sommeil joue un rôle fondamental dans la reconstruction musculaire, visez 7 à 9 heures par nuit. Une hydratation régulière et des étirements doux après chaque sortie complètent le tableau.

Voici un exemple de progression sur 8 semaines pour un trek de difficulté moyenne :

SemainesMarcheRenforcementParticularités
1-21 h 30 à 2 h sur terrain vallonné, deux sorties2 séances de 20 min (squats, gainage, fentes)Sans sac, rythme modéré
3-43 h avec sac léger (5 kg), deux sorties2 séances + 1 séance cardio (vélo, natation)Ajout progressif de dénivelé
5-64 à 5 h avec sac lesté (8-10 kg)Maintien du renforcement, focus chevilles et dosDénivelé proche des conditions du trek
7Maintien de l’intensité, une longue sortie de 5 h+1 à 2 séances légèresDernière grosse semaine
8Réduction du volume de 40 à 50 %Étirements, mobilitéArriver reposé le jour du départ

Ce type de planning s’adapte évidemment au profil de chacun. Le principe reste le même : monter en charge graduellement, laisser le corps récupérer, puis relâcher la pression avant le départ pour aborder le trek avec des réserves plutôt qu’avec de la fatigue accumulée.

Questions fréquentes

Faut-il courir pour préparer un trek ?

La course à pied est un bon complément cardiovasculaire, mais elle n’a rien d’indispensable. Le meilleur entraînement spécifique reste la marche longue en terrain vallonné, celle qui reproduit vraiment l’effort du sentier. Courir peut aider à travailler le souffle, à condition de ne pas laisser de côté le renforcement musculaire et la marche avec sac.

Combien de semaines faut-il s’entraîner avant un trek ?

Prévoyez au minimum 6 à 8 semaines pour un profil modérément actif. Si vous êtes sédentaire, ou si le parcours s’annonce exigeant, visez plutôt 3 à 4 mois de préparation. La durée idéale dépend toujours de votre niveau de départ et de la difficulté du trek.

Comment s’entraîner pour un trek lorsqu’on habite en ville ?

Les escaliers d’immeubles et les côtes urbaines remplacent très bien le dénivelé. Ajoutez des sorties avec un sac lesté dans un parc ou une forêt périurbaine pour habituer le dos et les épaules. Complétez à domicile avec du renforcement (squats, fentes, gainage) et, si besoin, quelques séances de cardio en salle.

Maxime Schwarzt

Lucas du BLOg HORS PISTES

Mon dada ? Partir à l’assaut des sentiers, équipés de mes caméras et drones pour immortaliser l’instant et transformer mes escapades en souvenirs numériques.