On a tous déjà vécu cette situation devant un topo-guide ou une application de randonnée : vous regardez la distance et vous vous dites que 10 kilomètres, ça se fait sans problème avant le déjeuner.
Sauf que voilà, à côté de la distance, il y a ce petit sigle barbare suivi d’un chiffre qui peut tout changer : D+. Si vous négligez cette donnée, votre petite promenade digestive risque de se transformer en calvaire pour vos mollets.
Le dénivelé est une notion indispensable à maîtriser pour préparer correctement son itinéraire et éviter les mauvaises surprises une fois sur le sentier. Mais entre le dénivelé global, le cumulé, le positif et le négatif, on s’y perd un peu. Pas de panique, on range la calculatrice scientifique et on regarde ça ensemble.
La différence entre altitude et dénivelé
Avant de plonger dans les calculs, il faut se mettre d’accord sur le vocabulaire. L’altitude correspond simplement à votre hauteur par rapport au niveau de la mer. Si vous êtes à la plage, vous êtes à 0 mètre. Si vous êtes au sommet du Mont-Blanc, vous êtes à 4807 mètres (environ, ça change tout le temps selon la neige). Le dénivelé, lui, représente la différence d’altitude entre deux points. C’est ce qui va déterminer si vous allez transpirer ou non.
Mais attention, il y a un piège classique ! Si vous regardez juste l’altitude de départ et l’altitude d’arrivée, vous obtenez le dénivelé global. Prenons un exemple simple : vous partez d’un village à 1000m et vous arrivez à un refuge à 1500m. La différence est de 500 mètres. Facile ? Trop facile. Car entre ces deux points, le chemin peut descendre dans une vallée pour remonter ensuite. Le dénivelé global ne reflète pas la difficulté réelle de votre randonnée car il masque toutes les montées et descentes intermédiaires.
Le Dénivelé Positif (D+) : le vrai juge de paix
C’est ici que le fameux D+ entre en scène. Le dénivelé positif cumulé (souvent abrégé en D+) additionne l’ensemble des montées de votre parcours, sans soustraire les descentes. Imaginez que pour aller de votre village (1000m) au refuge (1500m), vous deviez d’abord grimper une colline de 200m, redescendre de 100m, puis remonter jusqu’au refuge. Le calcul du D+ se fait alors ainsi :
- Première montée : + 200m
- Seconde montée (après la petite descente) : + 400m
Votre dénivelé global reste de 500m, mais votre corps aura grimpé un total de 600 mètres de D+. C’est ce chiffre qui détermine l’effort cardio-vasculaire et musculaire que vous allez devoir fournir. Plus le chiffre est haut, plus ça pique. C’est pour cette raison que le dénivelé positif est l’indicateur de référence pour évaluer la difficulté physique d’une randonnée ou d’un trek.
Et le Dénivelé Négatif (D-), on en parle ?
On a souvent tendance à le bouder parce qu’au niveau du souffle, la descente paraît plus simple. Pourtant, le dénivelé négatif (D-) est tout aussi crucial, surtout pour vos articulations. Le D- représente le cumul de toutes les descentes du parcours.
Si le D+ challenge votre cœur et vos poumons, le dénivelé négatif met à rude épreuve vos genoux et vos cuisses, qui doivent freiner le poids du corps à chaque pas. Une randonnée avec un fort D- demande une vigilance particulière pour éviter les blessures, et c’est souvent là que les bâtons de marche deviennent vos meilleurs amis. Ne sous-estimez jamais une descente abrupte après une longue ascension !
Comment estimer la difficulté avec le « kilomètre-effort » ?
Maintenant que vous avez le D+, comment savoir combien de temps cela va vous prendre ? Il existe une règle empirique très utilisée par les randonneurs et la Fédération Française de Randonnée pour convertir le dénivelé en distance à plat.
On considère généralement que 100 mètres de dénivelé positif équivalent à un kilomètre de marche sur le plat. Cela permet de calculer une « distance équivalente » pour mieux estimer votre temps de marche. Exemple concret :
- Distance réelle : 10 km
- Dénivelé positif (D+) : 500 m
Le calcul est le suivant : 10 km + (500/100) = 15 km. L’effort ressenti sera donc équivalent à une marche de 15 kilomètres sur du plat. Bien sûr, ce calcul reste théorique et dépend de votre forme physique, du poids de votre sac et de la technicité du terrain, mais cela donne une base solide pour ne pas se faire surprendre par la nuit.
Pourquoi ma montre GPS et la carte ne disent pas la même chose ?
Vous avez fini votre rando, vous êtes fier de vous, et là c’est le drame : votre montre GPS annonce 800m de D+ alors que le topo-guide en annonçait 1000m. Qui ment ? Probablement un peu les deux, mais la technologie a ses limites. Il existe deux façons principales de calculer le dénivelé avec une montre :
- Le calcul par GPS : la montre se repère grâce aux satellites. Le souci ? La précision verticale du GPS est souvent médiocre. Si le signal saute un peu, la montre peut croire que vous avez soudainement grimpé de 10 mètres alors que vous marchiez à plat. Sur une longue sortie, ces petites erreurs s’accumulent et faussent le résultat.
- Le calcul barométrique : les montres plus haut de gamme possèdent un baromètre qui mesure la pression atmosphérique. Comme la pression baisse quand on monte, la montre déduit l’altitude. C’est beaucoup plus précis, mais attention à la météo ! Si la pression atmosphérique change brusquement à cause d’un orage, votre montre peut interpréter cela comme un changement d’altitude alors que vous n’avez pas bougé d’un centimètre.
Le D+ reste une donnée essentielle pour choisir une randonnée adaptée à votre niveau. Il vaut mieux commencer modeste et augmenter progressivement le dénivelé au fil des sorties. Vos jambes vous remercieront !
